Journée pas-type d’un chef de rayon

Les récitals sont toujours les mêmes. Lorsqu’il s’agit de raconter une journée type d’un chef de rayon on met en avant toujours les mêmes éléments : se lever tôt, présence quasi-permanente en magasin, des conditions de travail difficile… Evidemment, je ne vais tout changer et dire que tout est rose. 

Voici ma journée « pas-type » d’un chef de rayon :

Entre 5h – 6h : Arrivé en magasin. Les managers de rayons arrivent tous et se précipitent comme des morts de faim sur les chiffres de la veille. Objectif de chiffre atteint ? De marge ? Chacun renseigne ses chiffres sur ses tableaux de bords, analyse leurs écarts, leurs évolutions, etc.
5h19 : Quelques minutes plus tard, on rentre dans le magasin où son équipe est déjà au pas de charge. Vous les saluez tous. Ce matin, l’équipe est au complet.
Le camion de livraison lui fini par être déchargé par un de vos employés et les palettes de marchandises sont déjà en rayon. Elles n’attendent plus que vos bras. Et oui ! Les journées commencent comme cela : une mise en rayon jusqu’à 8h. Après 8h, on peaufine, on s’assure du bon étiquetage des produits, on place nos affiches, on réalise un façing (action technique qui consiste à faire croire aux clients que le rayon est plein à craquer). 
8h58 : La magasin ouvre ses portes son rideau de fer : c’est l’heure de la ponctuelle pause !
9h13 : Les employés regagnent leurs rayons respectifs. Il faut terminer de mettre en rayon la marchandise. Pendant ce temps, vous préparez vos commandes. Vous faîtes le tour des rayons, vérifier l’état de vos stocks. 
#OhPutain : vous arrivez dans la réserve, et là…vous constatez le bordel laissée par vos collaborateurs. Vous regroupez votre équipe sur le champ et organisez une rapide mise au point en ordonnant de ranger cette réserve immédiatement.
En regagnant votre bureau, un client vous demande un renseignement. Vous êtes responsable PGC, c’est écrit sur mon gilet, et on ose vous demandez si ce type d’ampoule est fait pour s’intégrer à votre four. Vous lui faîtes croire que oui #évidemment Qu’es-ce que j’en sais moi ?
10h04 : Vous regardez les nouveautés sur votre réseau intranet. Constatez vos cadenciers et l’arrivée des produits qui vont venir garnir vos rayons déjà bien chargé. Vous regardez le nouveau plan d’implantation fourni par la centrale pour la rayon confiserie chocolat. Dans un coin de votre tête, vous garder cette information. Vous préparez vos commandes. Il vous faut 1h.
11h01 : Vous recevez une commerciale représentant une marque de pains de mie. Elle fait l’état des lieux des produits que vous détenez en rayons comme si vous ne le saviez pas, vous propose de nouvelles références et un nouveau plan d’implantation. Forcément, elle a aussi une opération commerciale à vous proposer. Vous réfléchissez. Les RRR c’est toujours intéressant !
11h24 : Vous faîtes le point sur vos objectifs. Le rayon biscuits salés retient votre attention. Vous décidez de revoir son assortiment ; retirez les produits qui ne vous intéresse plus et miser sur des produits qui margent davantage. Sur votre agenda, vous programmez une réimplantation. Vous appelez un commercial qui viendra vous aider sur ce projet ; ça sera donc prévu la semaine prochaine.
11h45 : Vous retournez en magasin. Votre équipe termine seulement maintenant la livraison ; la rangement a occasionné un léger retard. Mais au moins elle est nickel.
11h46 : Un pot de confiture est tombé en rayon. Vous appelez d’urgence un employé pour passer l’auto-laveuse. Personne ne répond. Du coup…vous y allez
11h52 : Vous prenez votre pause du midi.
13h32 : Vous faîtes votre retour. Vous jetez un œil sur les chiffres, vérifier si vous êtes dans les temps pour vos objectifs journaliers. La semaine débute calmement.
13h41 : 4 de vos collaborateurs de votre équipe sont là. Deux seront chargés de repasser les rotations les plus importante des rayons. Dans l’idéal il s’assureront aussi de repasser leur stocks qui gisent sous les racks. Deux autres vous rejoignent pour remplir l’espace dédié à votre espace promotionnel. En dépotant une palette, vous constatez un colis détérioré. Vous remontez l’information à la centrale qui vous fera un avoir.
14h45 : Vous laissez votre équipe continuer. Un commercial fait son apparition : il aurait pu prévenir quand même ! Il est nouveau. Il fait son relevé. Je lui accorde un peu de mon temps et je me renseigne sur un produit que je souhaiterai intégrer dans mon assortiment.
15h10 : Je regagne mon bureau. Je fais le point avec mon chef de secteur sur les opportunités à mettre en œuvre. Mon POS publi-promo n’est pas trop chargé et me permet de dégager un peu d’initiatives le mois prochain. Je réfléchi sur les produits que j’aimerais mettre en valeur, les produits sur lequel j’ai envie de miser. Je m’appuie sur des tendances de marché et des outils diffusé par notre réseau interne. Quels produits ? Quand ? Lieux ? L’OP commence à prendre forme. Je reviendrai plus en détails le lendemain après-midi.
15h44 : Vous prenez un café en salle de pause.
15h46 : Votre téléphone sonne. Une caissière vous appelle pour vous demander le prix d’un produit, car le Gencod ne passe pas en caisse. Vous prenez en courant la direction de vos rayons et du produit concerné. Vous lui renseignez le prix. Tout ça pour ça.
15h52 : Vous reprenez votre café froid en salle de pause.
16h : En magasin, votre équipe termine la mise en rayon. Mais deux têtes de Gondole attirent votre attention. Elles semblent un peu fatiguée. Pas très vendeuse. Ce sont des produits du tracts publicitaires qui ont connu de bonnes ventes. Nous n’aviez pas prévu autant de succès sur ces produits. Vous jetez donc un oeil sur les stocks pour voir si vous ne pourriez pas mettre autre chose à la place pour combler les vides.
16h24 : La TG semble plus attractive désormais.
16h27 : Vous faîtes le tour des rayons. Ils semblent pleins et bien tenus. Les efforts de la semaine dernière sur la mise à jour des stocks portent déjà ses fruits.
16h30 : Vous accordez du temps à vos commandes promos que vous avez commencés la veille.
16h58 : Le temps défile. Vous vous étiez jurés de commencer à préparer votre réunion hebdomadaire de demain avec le Directeur. Vous analysez vos chiffres et renseignez vos tableaux de bords. Vous analysez votre action ; les points positifs à maintenir et les points négatifs à corriger.
17h32 : Votre équipe est déjà parti. Vous partez à votre tour en pensant déjà à demain…

Au final, les journées se suivent comme cela en Grande Distribution et ne se ressemblent pas. 


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3 commentaires

  1. Bonjour M. Le Borgne,

    Topo rapide de la situation:
    Après ma rencontre avec une personne très médiatique du secteur de la Grande Distribution… je me suis intéressé à ce secteur.
    Bien que tombé par hasard sur votre blog, je souhaiterais demander l'avis à VOUS manager/chef de rayon dôté d'expériences:

    – Diplômé d'une école de commerce BIG FOUR donc BAC +5 et d'une université étrangère en BAC+6.
    -2 ans d'expériences professionnelles ds le secteur bancaire à Londres avec des relations commerciales fournis/clients

    A quels types de postes je peux postuler?
    Quelle est l'évolution « moyenne » en nombre d'années pour accéder à des postes de Director ou Directeur-Adjoint super/hyper ?

    D'une autre part, on m'a proposé un Graduate Program pour devenir Directeur Hypermarché (4 ans) chez un des leaders français de la distri dont je tairais le nom. Sommes-nous sur un schéma équivalent sans Graduate Program soit avec mon background une évolution vers des postes de Directeur-Adjoint en 5 à 6 ans??

    Cdlt

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