Le bio dans l’expectative

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Le bio est présent partout : du gel douche à la crème gommante, de la compote aux sablés aux pommes, du vin aux pâtes. Même les tee-shirts sont concernés ! Le bio a pris ses quartiers dans quasiment tous les rayons, mais également dans près de 60% des placards et réfrigérateur français. Sur un marché représentant près de 4 milliards d’euros en 2011, le bio semble à ce jour avoir conquis le consommateur. Mais son avenir pourrait s’inscrire en pointillés…
Le bio a été un immense feu de paille. L’expression pourrait en faire pâlir plus d’un. De la communication à tout-va florissait sur les écrans. Le bio «pas cher» était devenu le credo des enseignes pour recruter de nouveaux clients. Si bien que Leclerc en avait été inspiré pour créer un site parallèle à son comparateur de prix. L’opportunisme n’a duré qu’un temps. Car en effet, malgré une belle année 2011 (+11% comparée à 2010), les chiffres de 2012 attestent d’une réelle difficulté. Les chiffres stagnent. Les prévisions estiment «seulement» une évolution de 5% pour cette année. L’effet de crise amplifié par les difficultés de pouvoir d’achat, et le climat social de la rentrée pourrait revoir ce chiffre à la baisse. Budget oblige.
Une année morose pour le bio. Et pourtant les enseignes s’y sont attelées pour proposer toujours plus et rendre le bio encore plus accessible : nouveau concept, rayon spécialisé, élargissement de l’offre, baisse du prix… 
Plusieurs raisons peuvent expliquer ce ralentissement. D’une part, l’euphorie du bio ces dernières années s’est essoufflé. Le bio était synonyme de qualité, de bien-être, de santé. Le contexte s’y prêtait. D’autre part, l’image du bio «rare et cher» a rapidement évolué vers une offre massifiée et parfois bien peu onéreuse. Auchan l’a démontré avec son offre à 1€ sur de nombreux produits. Le bio depuis s’est rapidement démocratisé. Dans l’esprit du consommateur, cette dernière variable a sans doute pesé dans la balance. 
Le bio est sans doute aussi victime des nombreux labels qui existent, élément qui sème le doute dans l’esprit du consommateur. Entre celui de l’agriculture biologique, ECOCERT, Cosmébio écologique… le consommateur manque parfois de repère. Et il faut bien l’avouer qu’une uniformisation d’un label commun aurait été plus judicieuse, d’autant plus qu’ils disposent de cahiers des charges quasi identiques. 
Bref.
Le bio est en panne. Et même si les consommateurs commencent à éprouver quelques désintérêts notoires à l’égard des produits de ces produits, les enseignes, elles, continuent de surfer sur la vague. 
Dernièrement, sur le terrain sur lequel j’évolue (voir aussi), j’ai eu l’occasion de mettre en place une mise en avant sur toute une gamme de cosmétiques bios. Les produits, appuyés par un marketing souhaité «non-conformiste», ont visiblement attiré l’oeil du consommateur. Une vraie aubaine qui prouve que le bio a encore quelques «bio» jours devant lui.
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