La vie des Drives (1/2)

On ne peut plus le cacher, le Drive est un succès en France. Malgré un maillage avec quelques disparités dans certaines régions françaises, les plus de 2200 Drives augurent les prémices d’une révolution dans le monde de la distribution.  Une révolution à laquelle nous assistons et assisterons, en France, aux premières loges. Retour en plusieurs points sur les nouvelles perspectives qu’offrent le e-commerce. Ces perspectives dont les enseignes semblent être prises au dépourvues, alors qu’elles en sont pleinement à l’origine. 
2200 Drives.
On ne les arrête plus. Le vide juridique encadrant l’ouverture des Drives ne sera bientôt plus d’actualité. Malgré la loi, cela n’a cessé de nourrir les ambitions des enseignes à construire advienne que pourra de nouveaux entrepôts. Même si la rentabilité n’est pas toujours au rendez-vous, j’y vois ces investissements comme un moyen d’avancer ses pions pour préparer de nouveaux coups, en attendant la suite, et ces entrepôts pourraient avoir une tout autre utilité ultérieurement.
IRS atteint ?
2200 Drives, voire le triple dans les 5 années à venir. Il faut prétendument comprendre que l’IRS, indice de saturation sur le territoire français, aura atteint des limites et ne laissera probablement que de peu de places à de nouvelles opportunités implantations, y compris pour les magasins physiques. Le secteur de la distribution alimentaire risquerait dès lors se trouver en situation de sur-équipement. Certains y laisseront leur peau. C’est évident.
Des stratégies d’offres différentes.
6500 références en moyenne chez Leclerc, 25000 chez Cora. Un même métier, certes, mais deux mondes les opposent. Entre picking, entrepôt accolé ou déporté, le fonctionnement varie et la rentabilité n’est pas la même. On le sait, ou presque, la réussite d’un Drive ne dépend pas de l’étendue de son assortiment. Il faut détenir la bonne offre au bon moment ! Toutefois, le schéma idéal n’existe pas. E.Leclerc et Auchan qui proposent pourtant moins de références que d’autres, surfent sur une vague positive. Limiter le nombre de références c’est aussi diminuer le risque d’insatisfaction client. Les entrepôts connaissent en effet les mêmes aléas que les magasins et sont tout aussi rupturistes.
Les Hommes
On en parle jamais, ou presque. Mais travailler aujourd’hui dans un Drive est soumis à une forte précarité. Rythme difficile, rigueur physique, management par les chiffres, salaire ne dépassant pas le smic : travailler au sein d’un Drive relève presque du travail à la chaîne dans lequel chaque détail est important pour améliorer la productivité. Conséquence directe : on assiste à des turnovers importants, et les jeunes dynamiques pansent dès lors leurs plaies dans d’autres secteurs beaucoup plus épanouissants.
L’arrivée du géant Amazon
Si les enseignes se jettent à corps perdus dans la bataille, c’est aussi parce qu’un nouveau concurrent commence à rugir devant la menace qu’il représente. Amazon, récemment l’enseigne jugée la plus fiable au monde, pourrait faire basculer la donne sur le marché de la distribution alimentaire. Avec son concept Amazon fresh, l’enseigne arriverait sur la pointe des pieds en France, mais son développement pourrait se faire à pas de géant. L’enseigne américaine en a les moyens.

Suite dès Lundi.


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2 commentaires

  1. Je trouve que tu es un peu pessimiste quand aux conditions que tu décris concernant les drives… Il faut peut être y apporter quelques précisions… Pour en avoir fais partie et y avoir grimpé les échelons, je pense qu'on oublie souvent plusieurs choses. Tout d'abord, il ne faut pas oublier que le drive, comme mac do s'adresse en général à un public non diplômé ou alors tout juste sorti de l'école. C'est juste une passade les trois quart du temps. Le moyen d'avoir des horaires souples et le temps de reflechir à ce que l'on souhaite vraiment faire de sa vie. Ensuite, le salaire dépend des enseignes, et les primes avec. Un drive qui fonctionne bien offre aujourd'hui des primes trois fois supérieures en moyenne à des els d'hyper… Bien sûr c'est une course à la productivité mais tout est dans la manière de faire… Ne confondons pas la structure, le travail, et l'humain qui gère cela. L'amalgame est trop facile à faire… La grande distribution, et le drive plus précisement, n'est pas plus pénible que d'autres métiers dont on parle moins…

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  2. Le marché de l'e-commerce est en pleine mutation. Je trouve qu'il y a de l'excès dans cette guerre à celui qui détiendra le plus de « Drive ». On a l'impression que les enseignes cherchent la quantité à la qualité du service. Ça en devient presque TROP.
    Aussi, les Drives qui réussissent ce sont aussi ceux qui ont une certaine ancienneté. Les « nouveaux » sont soumis aux dures lois du marché et il y a peu de place à qui souhaitent manger quelques part de marché aux concurrents.
    Bien sûr, il y a d'excellents Drives, tout comme de très bons et de moins bons magasins. Chacun à ses avantages et inconvénients, mais cela varie rapidement d'une enseigne à l'autre.
    Pessimiste, non. Je regarde de très près le service, et je m'interroge sur la pérennité du service. À cette allure là, il y aura forcément des vainqueurs et donc des perdants. C'est une course contre-la-montre qui risque à mon sens de faire des dégâts.

    Et vous, comment jugez-vous l'avenir du Drive ?
    Pour échanger davantage, vous pouvez vous adresser à cette adresse jebosseengrandedistribution@gmail.com

    Au plaisir,

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