J’ai lu : Tête de gondole, de Christophe Rioux

Une fois n’est pas coutume, je vous présente un livre que je cherchais à lire depuis bien longtemps.
* Résumé
Entre cynismes et clichés, le tout sous couvert d’une bonne dose d’humour vis-à-vis du capitalisme, Tête de gondole de Christophe Rioux, dresse le portrait d’un jeune diplômé en littérature qui fait ses armes au sein de la grande distribution. Victor, de son prénom, est engagé en tant qu’assistant chef de rayon livre au sein d’une grande enseigne et découvre les codes du commerce dont l’univers lui est parfaitement inconnu. Ainsi, les boîtes de conserve empilées s’appellent désormais façing, le contenant devient packaging, etc.
C’est sous cette serre climatisée que le personnage évolue. Il y a installe sa tente. Une manière de pointer du doigt l’horreur salariale du secteur et la mentalité de l’enseigne qui veut que ses salariés se donnent corps et âme pour l’entreprise.
Tête de gondole c’est ainsi le récit, semaine par semaine, d’un Victor qui sera promu chef de rayon, puis de secteur, balayant d’un revers de la main le cynisme de ses supérieurs. Toutefois, une étreinte amoureuse lui vaudra un tout autre destin…
* Des codes en tous genres
Avec beaucoup humour, Tête de gondole dévoile les codes édités par le capitalisme, dont les temples de la consommation que les sont supermarchés, en sont les symboles. Ce livre est rempli de nombreux ingrédients propres au monde de la grande distribution, comparant avec ironie le magasin avec une certaine Notre-Dame-des-Néons, dans lequel la fameuse Symphonie pour Caddie n°7 résonne. 
L’auteur revient aussi de manière dissimulée sur quelques actualités : notamment le remplacement des caisses par des automates, qui vaut d’ailleurs l’expression le métal a eu la peau des corps. Une manière de montrer la déshumanisation entreprise par le secteur. 
Le management est enfin le fil rouge du livre. Le cynisme des acteurs et surtout de son chef qui va jusqu’à s’approprier ses propres succès va coordonner le récit. À l’instar du cycle de vie d’un produit, Victor va dès lors franchir les phases de lancement, de croissance, de maturité, jusqu’à celle de déclin, qui fera de lui un zombie.
* Avis 
C’est donc avec beaucoup d’humour et de second degré qu’il faut aborder ce livre. Pour ceux qui baignent dans cet univers, on s’y retrouve volontiers. Certaines allusions font beaucoup rire. L’histoire aurait toutefois mérité une meilleure fin, moins sanglante et surtout moins caricaturale. 


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