Un commerce qui n’en est plus

On a beau l’écrire ou le dire ou le lire partout, la crise n’est pas vraiment finie. Le climat de confiance tendue fait partie inhérente de cette dite crise, et les consommateurs ne sont pas prêts à renouer une relation passionnelle avec leur portefeuille. Loin s’en faut. Car elle s’est installée là où on s’y attendait peut-être le moins : l’alimentaire. Les magasins piétinent. La guerre des prix pousse beaucoup de professionnels à l’usure, et le climat tendu entre fournisseurs et centrales d’achat rend la situation compliquée au sein des magasins. D’ailleurs n’ayons pas peur des mots, mais cette crise pousse certaines enseignes à aller à l’encontre du commerce. Le vrai. Tel qu’on le connaissait auparavant.
Cette crise en soi, qui n’en est pas vraiment une pour les uns, mériterait qu’on lui prête davantage de remise en question. Au fond, elle relève plus d’un état d’esprit ambiant teinté de morosité et semble créée de toute pièces pour mieux nous faire comprendre les sacrifices qui nous attendent. Peut-on parler de crise quand les écarts entre riches et pauvres se creusent ? Non. Selon moi elle n’existe pas. Cette dernière dépend à mon sens uniquement de mutations profondes de la société et du monde auxquelles la France, voire l’Europe, n’était ni armé, ni préparé. Bref. On en subit les conséquences.
Par définition, le commerce – vecteur essentiel du capitalisme, et rouage nécessaire à la création de richesse – désigne l’activité consistant en l’achat de bien ou de services dans le but de générer du profit. Or, les lois du marché sont telles qu’on perd parfois de l’argent à la revente… Si si c’est possible ! Et votre direction de rajouter que vous avez perdu 1 point et demi de marge, la faute à des décisions prises dans les plus hautes sphères.
En d’autres termes, comprenez qu’en grande distribution nous ne faisons plus vraiment du commerce. Nous subissons les lois du marché. Il y a de nouveaux acteurs sans visage qui gouvernent les magasins, et ce ne sont pas les chefs de rayon qui diront le contraire. L’acte le plus révélateur réside dans la simple pratique archaïque qui consiste à encaisser l’argent des réductions immédiates apposées par les marques sur leurs produits, au détriment de l’intérêt du consommateur. Une manière de penser obsolète où le tout-pour-le-capital domine. Le client reste dans certaines enseignes la dernière des préoccupations.
C’est pourquoi, il est grand temps de redonner confiance aux clients, d’en faire sa nouvelle priorité et de le mettre au coeur des changements de consommation qui nous attendent. Il est temps également de redonner des couleurs à l’offre. En France, l’innovation est absente. L’offre est banalisée. On se contente en effet ridiculeusement de créer des têtes de gondoles « musées », où l’acte d’achat est absent et les produits juste posés sur une étagère. Un non-sens commercial évident. La distribution a beaucoup à faire en matière de mise en avant. Heureusement que les marques mettent leur grain de sel dans la mécanique pour sortir des sentiers battus. À ce jeu d’ailleurs, outre-Atlantique, les Américains ont une longueur d’avance sur ce qui augure le commerce de demain. C’est d’ailleurs ce qu’a inspiré Franck Rosenthal dans son prochain ouvrage Le Retail aux États-Unis. Inspirations, idées, excellence. 

Sur ce, à quoi ressemblera le commerce de demain ? J’ajouterai même : à quoi ressembleront les métiers ? Changer pour changer n’aurait de sens uniquement s’il y a une contribution collective et un intérêt pour l’ensemble d’une société, et non pas pour satisfaire l’ego d’untel. En parallèle, il faudra aussi faire face à une crise souterraine qui commence à prendre de l’ampleur et que la grande distribution aimerait étouffer : une crise sociale. Des bonnets rouges en grande distribution ? Ce sera le sujet d’un des prochains articles… 

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Selon vous, le commerce d’aujourd’hui répond-il aux attentes des consommateurs ?

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