Pour un virage digital en grande distribution ?

Le web s’est imposé partout dans le monde. Ces dernières années ont vu se succéder de nombreuses innovations, si bien que l’arrivée des nouvelles technologies a depuis profondément modifié le quotidien des consommateurs : ils consomment et interagissent avec les marques directement sur les réseaux sociaux, comparent les prix avant d’acheter, consultent le web pour affiner leur choix, etc.
La technologie a elle aussi profondément évolué. Nos smartphones sont devenus plus intelligents et plus performants, et les objets connectés envahissent de plus en plus nos salons. Les réseaux sociaux ont quant à eux largement atteint leur masse critique. Devenu géant du web sous l’égide d’extravagante valorisation, ils dictent les règles.

À cette grande transformation digitale qui attend les entreprises et qui fait frémir nos élites, la grande distribution n’a pas encore réellement donné sens à ce potentiel à exploiter. Alors, sur quels piliers le secteur doit-il bâtir de nouvelles fondations ?
D comme Digital :
Les puristes taperaient sur les doigts à quiconque à l’évocation de ce mot. Car on ne doit pas dire « digital » mais bien « numérique ». Le terme s’est toutefois tellement répandu qu’il devient difficile de faire machine arrière. 
À digital, il faut associer plusieurs mots : la dématérialisation, la désintermédiation, et la démonétisation. Le digital c’est cette combinaison de ces trois mots qui obligent les entreprises à repenser leur modèle traditionnel. 
Dans les faits, l’écosystème que compose le web, couplé aux nouveaux outils de communication, favorise le développement de projet. Le digital permet d’identifier un besoin et de le traduire en projet concret et réel à destination des populations. C’est ainsi que sont nés, entre autres, les incontournables Uber & Airbnb, nés de problématiques de société.
D comme démonétisation :
La crise a comme provoqué un cataclysme dans le monde économique. Elle a amené les entreprises à réfléchir et à repenser leur business model. La disparition de nombreux intermédiaires ont en effet facilité les échanges numériques, et ce sans la possibilité pour certaines institutions de récolter une rémunération pour les travaux produits. Ce fut notamment le cas de la musique avant que les plateformes de streaming musical fassent leur nid.
Désormais, les cartes sont redistribuées. La demande, les audiences, les clients existent toujours mais ils n’ont fait que basculer. Certaines élites refusent encore de constater les faits. Les nouvelles entreprises ne gagnent toutefois pas encore d’argent mais sont valorisés sur l’autel de la masse critique. Des marchés colossaux ont explosé, obtenu grâce à la viralité du web et son utilisation massive.
Des stratégies payantes ont cependant vu le jour : les entreprises nouvelles captent leur demande en proposant une offre gratuite, puis écrème leur clientèle en passant au semi-payant, aussi appelé Freemium. À l’instar d’un péage sur une autoroute, il suffit de récolter les bénéfices en plaçant les bonnes barrières au bon endroit au bon moment. C’est le marketing d’aujourd’hui.
D comme désintermédiation :
Ce n’est une surprise pour personne, le web a supprimé les intermédiaires. Chaque demande des conso’acteurs est désormais traduite sous forme d’applications mobiles ou de site web – les 2 vont souvent de pair -, ce qui en soi provoque de grands bouleversements
Ces nouvelles plateformes favorisent les mises en relation et créent de nouveaux marchés. Le patrimoine devient immatériel et les particuliers remplacent le rôle d’antan des entreprises. Cette facilité de transmission des contenus et services numériques est en plein boom.
Preuve en est, le modèle économique actuel le plus prometteur n’est autre que le C to C, succédant ainsi aux désormais archaïque BtoB ou BtoC que l’on enseignait encore sur les bancs de l’école il y a encore moins d’une décennie.
D comme dématérialisation :
Que sont devenus les boussoles ? Les dictaphones ? 
Quel avenir pour les appareils photo ? Les lampes torche ?
La culture désormais se télécharge. Les voitures se louent. Les appartements s’échangent. Les cartes de fidélités sont répertoriés sur une application. Et bientôt c’est notre smartphone qui paiera à notre place. Le digital a assurément métamorphosé la conception que nous avions des choses. Les objets se sont résolument liquéfié en programmes informatiques.
En définitive, la propriété ne semble plus avoir de sens dans une économie où la seule variable est le changement. Ce qui était une révolution il y a quelques années, est aujourd’hui une réalité. C’est pourquoi le modèle des entreprises doit évoluer et embarquer avec elles de nouvelles expériences d’usages. 
D comme disruption :
Étonnamment, le capitalisme se relègue progressivement au second plan. Nouveau modèle économique, nouvelle manière de gagner de l’argent, le digital imagine aussi un monde davantage orienté vers le collaboratif. 
La déferlante de la transformation numérique oblige les entreprises à agir vite. 
Les GAFA – on parle même des NATU – changent régulièrement les règles du jeu, ce qui empêche les acteurs économiques à déployer des stratégies à moyen ou long terme. Les cellules marketing deviennent obsolètes. Ce qui était autrefois admis, ne l’est plus. Les entreprises ne sont plus totalement maître de leur avenir.
Si pour beaucoup la transformation numérique représente une menace, car elle entraîne avec elle une destruction de valeurs et d’emplois, cette dernière, paradoxalement, est aussi une formidable opportunité car génératrice d’emplois & créatrice de nouveaux métiers. En France, le climat est complexe. Les entrepreneurs français assurent leur arrière tant le contexte paraît difficile. Or, le web est un processus irréversible. Le bout du tunnel ne résiderait-t-il pas à accepter définitivement cette transformation numérique ?
Réflexion :
Le digital n’a pas encore modifié nos magasins ni même « l’expérience consommateur ». Et pourtant. L’exemple du drive et l’essor du e-commerce alimentaire a démontré l’existence de nouveaux leviers de croissance et de rentabilité. Ce dernier a depuis considérablement modifié le paysage de la distribution en France. Preuve en est que les circuits traditionnels doivent et peuvent encore se recomposer.
Mais comment organiser ce changement ?
  1. Construire une vision et évaluer ce que le numérique peut apporter à son modèle économique 
  2. Définir de nouveaux leviers de croissance et mettre les efforts là où ne sait pas encore comment gagner de l’argent.
  3. Définir sa maturité numérique en appréhendant les technologies et les nouveaux outils du web 
  4. Évaluer les compétences et les ressources, pour à terme évaluer des perspectives de développement.

Le numérique libère la création et trouve de nouveaux leviers de croissance et un regain d’activité. Les consommateurs et internautes sont bien plus prêts pour ce changement que vous ne le croyez.


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