Témoignage de Thomas, 28 ans : "Je dirais que la mentalité est difficile à décrypter".

Aujourd’hui, un nouveau témoignage. Celui de Thomas qui a intégré le secteur il y a seulement un an. Il nous expose ses difficultés à se faire une place au sein de son magasin. 
Bonjour Thomas, on commence par les présentations.  
Bonjour. Thomas. 28 ans. Je suis un ancien de la restauration, secteur pour lequel j’ai travaillé 10 ans. Je bosse en grande distribution depuis un an. J’ai intégré ce secteur suite à un stage de découverte au restaurant du Leclerc. Ce stage découverte devait me permettre de découvrir un nouveau secteur d’activité. Suite à ce stage pleinement dans lequel j’ai pris mes marques, on m’a proposé un CDI pour travailler aux rayons fruits et légumes. Par les temps qui courent, un CDI ne peut pas se refuser ! 
Comment se passe ton intégration ? 
Pour commencer, les relations avec mon chef de secteur sont très bonnes. Ce qui me dérange pour le moment ce sont les horaires. Trop ennuyeuse et pas assez variées. Je travaille la plupart du temps de 10h à 17h. Rarement je travaille de 5h à 11h ou 13h. Ce sont les horaires les plus difficiles pour ce rayon. Je suis souvent seul pour effectuer toutes les tâches : de la mise en rayon et rangement de la réserve principalement. La promesse d’un binôme se fait attendre. 
Les questions d’effectifs sont des questions régulières et typiques de la grande distribution, malheureusement. C’est une réalité à laquelle on est souvent confronté en grande distribution. Avec le recul, comment analyses-tu ce secteur ? 
Je dirais que la mentalité est difficile à décrypter. La pression du chiffre rend les managers lunatiques : tantôt ils sont sur les nerfs, tantôt ils sont cool. Pour ma part, je suis très patient et très observateur. C’est important à mon sens. Je dirais aussi que les journées sont difficiles pour les salariés. Les journées sont monotones, sensiblement les mêmes, surtout pour les employés. La difficulté c’est surtout de varier les tâches : en plus de la mise en rayon ou du rangement de réserve, elles s’accompagnent du façing, quand c’est possible, ou de la pose d’affiches. Un an après, je pense que ce job n’est pas fait pour moi. 
Tu sembles manquer de confiance… ou plutôt de reconnaissance, non ? 
Oui c’est vrai. C’est surtout une difficulté d’intégration et une incapacité à prendre mes marques. C’est certainement une question managériale. Pourtant, j’ai une relation étroite avec la clientèle. Ils se créent une relation avec les habitués. Pour l’instant encore, je me nourris de ce rapport avec cette clientèle pour me battre avec mes armes et ne pas renoncer à continuer ce travail.  
Pour finir, as-tu une anecdote à nous raconter ? 
J’ignore si on peut parler d’anecdote, mais je dis souvent que la grande distribution est un métier pour les gens qui n’ont pas d’enfants. Ce n’est pas l’avis de tous, mais je suis persuadé que beaucoup de salariés pensent la même que moi. 
Merci à toi, Thomas. La grande distribution reste un secteur difficile auquel il faut savoir s’accrocher. Bonne continuation et surtout bon courage. 

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Un commentaire

  1. Je trouve ce témoignage tout a fait réaliste.

    Ce qui chagrine également dans ce métier, c est le rapport existant entre les salariés et la hiérarchie et à commencer par le chef de rayon et un employé quelque soit son rayon. Les uns donnant le sentiment aux autres de tout savoir, tout maitriser, tout connaître, et donc d’avoir la légitimité de commander dans le silence et l’autorité absolue.
    Or, combien n’ont pas déjà failli dans leurs missions ?

    Je ne généralise en aucun cas mon propos mais il est nécessaire de reconnaître qu’un certain nombre ne sont pas si compétents que cela;
    Ils sont comme leurs employés qui sont perfectibles certes, mais dévoués et professionnels jusqu’au bout. Leur accessions à un poste de responsabilité les a comme changé et tout a coup ils parlent de choses qu’ils peinent à maitriser à commencer par les chiffres, une marge nette n’étant pas un excédent brut d’exploitation, un chiffre d’affaire ne signifie pas le résultat, etc.. etc…. Mais feignons d’avoir compris ce que nous avons entendu plus haut ca suffira amplement aux employés.

    Enfin dernier point, la communication :
    On hausse un peu la voix, on e-mail des phrases toutes faites qui sont presque un mauvais copier coller.
    On explique très peu et on jargonne énormément. On s’exprime presque comme un serveur vocal fatigué et usé . Comment voulez vous qu’une jeune recrue puisse s’intégrer facilement ?

    Ce climat malheureusement ne contribue pas l’épanouissement et à l’enrichissement de tous.
    Quand pourrons nous comprendre que la motivation sans autres facteurs est inutile, et ne doit en aucun cas servir d’argument tout fait pour ranger d’un coté ceux qui en auraient et ce qui n’en auraient pas.

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